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Histoire du cirque : de la foire à la rue

Nous jouons dans la rue, dans des théâtres, sous chapiteau, dans des cours d'école et jusque dans des camps de réfugiés. Chaque fois que nous montons notre décor, nous refaisons sans le savoir des gestes vieux de plusieurs siècles. Voici l'histoire du cirque telle que nous la voyons depuis Marseille : moins une galerie de grands noms qu'une suite d'interdictions, de routes, de coups de vent et de bonnes idées.

Les artistes du Cirk biZ'arT, bras levés, devant une très grande foule de festival
Le Cirk biZ'arT en festival. La foule, la place publique : le cirque n'a jamais vraiment quitté la foire.

Avant la piste : des saltimbanques à qui l'on interdit de parler

Le mot saltimbanque est en usage depuis le XVe siècle. Il vient de l'italien et désigne littéralement celui qui « saute sur un banc » : acrobates, jongleurs, danseurs de corde et montreurs d'animaux qui font les foires. À Paris, les deux grandes foires, Saint-Germain et Saint-Laurent, attirent chaque année les foules et leurs baraques de spectacles.

Gravure en couleur : une foule devant un théâtre forain de la foire Saint-Laurent, avec des comédiens sur un balcon
Le théâtre de la foire Saint-Laurent, à Paris, en 1786. Les comédiens font la parade sur le balcon pour attirer le public. Auteur inconnu, domaine public (musée Carnavalet), via Wikimedia Commons.

Ce succès dérange. La Comédie-Française détient le privilège de la parole sur scène, l'Opéra celui du chant. À la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, les forains se voient interdire coup sur coup le dialogue puis le chant. En 1719, la Comédie-Française obtient même la suppression de tous leurs spectacles, à l'exception des marionnettes et… des danseurs de corde.

Les forains ripostent avec une invention géniale : les pièces à écriteaux. Les acteurs miment, les répliques descendent sur de grands rouleaux de papier, et c'est le public qui chante les couplets sur des airs connus. Personne en scène n'a ouvert la bouche : la loi est respectée.

Ce que nous en retenons : la pantomime et le burlesque sans paroles ne sont pas nés d'un choix esthétique, mais d'une contrainte juridique. Quand un clown fait rire aujourd'hui une place entière sans prononcer un mot, il descend en droite ligne de ces forains réduits au silence.

Sur le boulevard du Temple, les théâtres populaires se multiplient. Nicolet y installe le sien en 1759 ; sa troupe joue devant la cour de Louis XV en 1772 et devient les « Grands-Danseurs du Roi ». Sa devise, « De plus en plus fort », a laissé l'expression « de plus en plus fort, comme chez Nicolet ». Un peu plus tard, le Théâtre des Funambules (1816-1862) n'a le droit de présenter que de l'acrobatie et de la pantomime : c'est là que Deburau invente son Pierrot lunaire.

Gravure : le mime Deburau dans son costume blanc de Pierrot
Deburau dans son costume de Pierrot, pour la pantomime Les vingt-six infortunes de Pierrot, 1833. Gravure de l'atelier Maleuvre, domaine public (BnF), via Wikimedia Commons.

1768 : un cavalier, un cercle de 13 mètres

Le cirque moderne naît à Londres, en 1768, quand Philip Astley, ancien cavalier de l'armée britannique, ouvre une école d'équitation près du pont de Westminster. Le matin, il donne des leçons ; l'après-midi, il fait des acrobaties debout sur ses chevaux devant un public payant.

Pourquoi un cercle ? Parce qu'en tournant, la force centrifuge aide l'écuyer à tenir debout sur un cheval au galop. Le diamètre se fixe en quelques années autour de 42 pieds, soit environ 13 mètres, et n'a presque plus bougé depuis : c'est encore la taille de la piste aujourd'hui.

Gravure en couleur : l'intérieur de l'amphithéâtre d'Astley à Londres, avec ses loges, son lustre et des cavaliers sur la piste
L'amphithéâtre d'Astley à Londres en 1808 : la piste ronde au centre, la scène au fond. Gravure de Rowlandson et Pugin pour The Microcosm of London, domaine public (Houghton Library, Harvard), via Wikimedia Commons.

Quelques détails que l'on raconte moins souvent :

La même année 1782, Astley construit à Paris l'« Amphithéâtre anglois », rue du Faubourg-du-Temple : un bâtiment rond, en bois, éclairé par 2 000 bougies. Pendant la Révolution, il le loue à l'Italien Antonio Franconi, dont les fils fondent en 1807 le Cirque Olympique. En 1852 ouvre le Cirque Napoléon, futur Cirque d'Hiver. C'est sur sa piste que le Toulousain Jules Léotard présente, le 12 novembre 1859, le tout premier trapèze volant.

Photographie ancienne : Jules Léotard debout en costume de scène, tenant une barre de trapèze
Jules Léotard, l'inventeur du trapèze volant, vers 1860. On lui doit aussi le justaucorps qui porte son nom. Photographie de l'atelier Disdéri, domaine public, via Wikimedia Commons.

Marseille, le mistral et les cirques en bois

Marseille n'a pas attendu Paris pour se passionner pour la piste. Les chroniques du XIXe siècle, rassemblées par les historiens du cirque, racontent une histoire faite de bois, de vent et de flammes.

1826-1828 : trois cirques en deux ans

Le 31 décembre 1826, François Avrillon ouvre un premier cirque en bois à l'entrée du cours du Chapitre. Le spectacle équestre, à la mode depuis Astley et Franconi, arrive enfin à Marseille. L'aventure tourne court : le 4 février 1827, le toit s'effondre sous le poids de la neige.

On reconstruit aussitôt, place Royale. Le nouveau cirque ouvre au début du mois de mars… et le 18 mars 1827, dix-sept jours après l'ouverture, le mistral arrache son toit. La leçon est retenue : le 1er septembre 1828, Marseille inaugure un Cirque Olympique bâti en dur, qui emprunte son nom au célèbre cirque parisien des Franconi. Il ferme pourtant ses portes fin 1831.

Le feu, puis les grandes salles

Après le vent, le feu. En 1859, un cirque s'installe au 72 des allées de Meilhan ; il part en fumée fin avril 1862, comme tant de salles de spectacle de l'époque, éclairées à la flamme. Le 7 août 1870, le Cirque-Théâtre Valette ouvre rue Paradis, avec plus de 3 000 places.

Photographie ancienne : passants autour du monument des Mobiles, sur les allées de Meilhan à Marseille
Aucune image du cirque en bois n'a été conservée dans les fonds publics. Voici les allées de Meilhan vers 1880-1890 : un cirque s'y était installé en 1859, avant de brûler en 1862. Photo Étienne Neurdein, Archives municipales de Marseille, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

1892 : le temps des géants

À la Belle Époque, Marseille voit grand. De 1892 à 1901, un cirque monumental occupe la place Saint-Michel : 40 mètres de diamètre, 27 mètres de haut, 4 622 places, éclairé par 400 becs de gaz… autour d'une piste qui mesure toujours 13 mètres. La même année 1892, Théodore Rancy, fondateur du premier cirque ambulant français (on le retrouve plus bas), fait construire un autre cirque de 1 800 places. Et c'est Léon Doux, le directeur de l'Alcazar, le grand café-concert du cours Belsunce, qui y présente son « Cirque Français ». À Marseille, le cirque et le café-concert sont déjà tenus par les mêmes mains.

Nous, qui montons et démontons nos décors au gré de la météo, avons une tendresse particulière pour ces pionniers vaincus par le vent.

Le chapiteau : une maison qui voyage

Les cirques en dur ont un défaut : ils ne bougent pas. Aux États-Unis, la toile est utilisée pour la première fois par un cirque en 1825, une innovation souvent attribuée à Joshuah Purdy Brown. Selon la BnF, cette « canvas tent » dérive directement des tentes militaires à un ou deux mâts. L'idée traverse l'Atlantique et atteint l'Angleterre en 1838.

En France, Théodore Rancy fonde à Rouen, en 1856, un cirque ambulant qui voyage sous un « parapluie », un chapiteau à un seul mât. Fortune faite, il fait ensuite bâtir des cirques en dur un peu partout : Genève en 1875, Lyon en 1882, Le Havre en 1887… et Marseille en 1892. Le même homme a fait voyager le cirque sous la toile, puis l'a fixé dans la pierre.

Comment tient un chapiteau

Le principe n'a guère changé : de grands mâts portent la toile, des poteaux de pourtour en tiennent les bords, et des piquets, en bois puis en acier, ancrent le tout dans le sol. Le vocabulaire a gardé la trace de deux écoles : avec des mâts alignés, le chapiteau est dit « américain » ; avec des mâts disposés en carré, il est dit « allemand ». Le chapiteau a grandi au rythme des transports : le chemin de fer d'abord, puis les camions et les semi-remorques.

Le mot lui-même est emprunté à l'architecture : le chapiteau, c'est le haut d'une colonne. Selon la BnF, son sens de « tente de cirque » ne s'impose qu'autour de 1919. Quant à la piste de 13 mètres, la BnF avance une autre explication que la force centrifuge : ce serait peut-être la portée du fouet de l'écuyer qui fait tourner les chevaux. Fouet ou force centrifuge, les deux pistes mènent au cheval.

Photographie en noir et blanc : un chapiteau de cirque monté sur un terrain vague d'Helsinki en 1908
Un chapiteau de cirque ambulant monté à Helsinki en 1908. Photo Signe Brander, domaine public, via Wikimedia Commons.

Le théâtre prend la route

Le chapiteau séduit bientôt au-delà du cirque. En 1911, le comédien et metteur en scène Firmin Gémier fait fabriquer un chapiteau ignifugé de 1 600 places, conçu avec des ingénieurs américains, pour emmener le théâtre de ville en ville par le train. L'idée d'un théâtre qui va chercher son public, plutôt que d'attendre qu'il vienne, est née bien avant le théâtre de rue.

Barnum & Bailey, une ville de toile

La démesure arrive avec Barnum & Bailey. Le « plus grand spectacle du monde » ne traverse l'Atlantique qu'en 1889, pour Londres, puis entreprend une grande tournée européenne de 1897 à 1902. À Paris, il s'installe du 30 novembre 1901 au 23 mars 1902 dans la Galerie des Machines, l'immense halle de l'Exposition universelle de 1889. Puis il repart, cette fois sous chapiteau : du 30 mars au 26 octobre 1902, il joue dans 106 villes françaises et 12 villes suisses.

Affiche en couleur : les longs trains du cirque Barnum & Bailey, avec une légende en français
Affiche de 1899 destinée au public européen : « L'Institut de divertissement le plus grand et le plus magnifique du monde » et ses trains de wagons. Boston Public Library, licence CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

La logistique donne le vertige : quatre trains spéciaux de 67 wagons, construits en Angleterre, transportent 300 artistes et cadres et 180 ouvriers. Le chapiteau principal, un hippodrome à six mâts, mesure 190 mètres sur 85, presque deux terrains de football mis bout à bout.

Du 12 au 21 avril 1902, cette ville de toile se dresse à Marseille, au rond-point du Prado. Pendant dix jours, les Marseillais découvrent ce que le cirque américain a de plus spectaculaire, puis les trains repartent de la gare du Prado vers l'étape suivante.

Affiche en couleur : une ville entière de chapiteaux blancs, avec un train à vapeur au premier plan
« Vue générale des douze colossaux pavillons de toile » : la ville de chapiteaux de Barnum & Bailey, 1899. Lithographie Strobridge, domaine public (Library of Congress), via Wikimedia Commons.

Aujourd'hui, les compagnies comme la nôtre jouent sous chapiteau, en salle ou en plein air, au gré des invitations. La toile elle-même s'est allégée : une simple toile tendue entre les arbres, une place ou une cour d'école suffisent à faire naître un cirque pour une soirée.

Le Cirk biZ'arT en spectacle au festival d'Aurillac 2022, sous la grande toile blanche du Collectif À Toile, tendue entre les arbres, devant une foule assise par terre
Festival d'Aurillac, 2022 : le Cirk biZ'arT joue sous la toile du Collectif À Toile, tendue entre les arbres. Un chapiteau minimaliste, ouvert sur la foule. Photo Cirk biZ'arT.

Le clown, de l'auguste à Chocolat

À la fin du XIXe siècle, le cirque invente son duo comique : le clown blanc, élégant et autoritaire, face à l'auguste, maladroit au nez rouge. Selon une légende tenace, le nom viendrait du cirque Renz de Berlin, vers 1870-1874 : un acrobate américain, Tom Belling, serait entré en piste mal fagoté et le public lui aurait crié « Dummer August ! », l'équivalent de « Espèce d'idiot ! » en argot berlinois. Les historiens rappellent que l'auguste est en réalité le fruit d'une longue évolution, mais l'histoire est trop belle pour ne pas la raconter.

À Paris, le duo le plus célèbre réunit Foottit et Chocolat. Rafael Padilla, dit Chocolat, né à Cuba vers 1868, est considéré comme le premier artiste noir de la scène française. Les frères Lumière filment leurs numéros en 1900. Viennent ensuite les Fratellini, puis le Suisse Grock, l'artiste le mieux payé d'Europe dans l'entre-deux-guerres. En 1971, Annie Fratellini devient la première femme auguste du cirque français.

Dessin : le clown Chocolat et le clown Foottit coiffé d'un chapeau pointu, sur la piste
Foottit et Chocolat dans leur sketch du « Chef de gare ». Dessin d'Henry Gerbault, domaine public, via Wikimedia Commons.

Cirque, café-concert, cabaret : une même famille

Au XIXe siècle, les artistes passent sans cesse de la piste à la scène du café-concert, puis du music-hall. Et c'est encore à Marseille que l'on trouve l'un des plus beaux exemples : l'Alcazar, ouvert le 10 octobre 1857 cours Belsunce. Sa salle de style mauresque, inspirée de l'Alhambra, compte 2 000 places où l'on boit et fume à table ; il se vante d'être « le plus grand café-concert du continent ». Son public est réputé si exigeant qu'y réussir vaut consécration. Ravagé par un incendie en 1873, reconstruit, il abrite depuis 2004 la bibliothèque municipale, qui a conservé sa marquise de 1889.

Photographie : la marquise en fer forgé et la façade rouge de l'ancien Alcazar, cours Belsunce à Marseille
La marquise de 1889 de l'Alcazar de Marseille, cours Belsunce, devant l'entrée de l'actuelle bibliothèque. Photo Jean-Pierre Dalbéra, 2014, licence CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

À Paris, les Folies Bergère (1869) mêlent opérette, acrobates et prestidigitateurs. Dans Un bar aux Folies-Bergère de Manet (1882), on aperçoit en haut à gauche du tableau les pieds d'une trapéziste en bottines vertes. Joseph Oller, l'inventeur du pari mutuel, ouvre en 1886 le Nouveau Cirque, dont la piste s'abaisse pour devenir une piscine, avant de créer le Moulin Rouge (1889) puis l'Olympia. Le cabaret du Chat Noir (1881), lui, impose une figure qui nous est chère : le maître de cérémonie qui interpelle le public entre deux numéros.

Tableau de Manet : une serveuse derrière le comptoir des Folies-Bergère, la salle reflétée dans un miroir et les pieds d'une trapéziste en haut à gauche
Édouard Manet, Un bar aux Folies-Bergère, 1882. Regardez en haut à gauche : les bottines vertes d'une trapéziste. Domaine public (Courtauld Gallery), via Wikimedia Commons.
Affiche : un grand chat noir assis, au-dessus du titre Tournée du Chat Noir de Rodolphe Salis
L'affiche de la tournée du Chat Noir, par Steinlen, 1896. Domaine public, via Wikimedia Commons.

C'est d'ailleurs ce mélange qui nous a fait naître : notre premier spectacle, le Cabaret biZ'arT, créé lors d'une carte blanche à Marseille, mêle cirque burlesque et comédie déjantée dans l'esprit de ces salles où tout se croisait.

Les années 1970 : le cirque change de ministère

Une anecdote résume le basculement : jusqu'à la fin des années 1970, le cirque dépend en France du ministère de l'Agriculture, parce que ses ménageries relèvent du contrôle vétérinaire. Il passe alors au ministère de la Culture. Le cirque cesse d'être une affaire d'animaux et de familles pour devenir un art.

Tout s'enchaîne. En 1974, deux écoles ouvrent à Paris, l'une fondée par Annie Fratellini et Pierre Étaix, l'autre par Silvia Monfort et Alexis Gruss : pour la première fois, on peut apprendre le cirque sans être né dans une roulotte. En 1984 naissent le Cirque Plume en Franche-Comté et le Cirque du Soleil au Québec. En 1985, le Centre national des arts du cirque s'installe à Châlons-en-Champagne. Le « nouveau cirque » raconte des histoires, mélange danse, théâtre et musique, et se passe de plus en plus des animaux. La loi du 30 novembre 2021 a acté la fin : les cirques itinérants ne pourront plus détenir d'animaux sauvages à partir du 1er décembre 2028.

Deux artistes du Cirk biZ'arT en équilibre, l'un debout sur les mains de l'autre, sur une scène sombre
Portés, acrobatie, comédie : le cirque d'aujourd'hui mélange les disciplines.

Retour à la rue, retour à Marseille

Au même moment, les artistes reprennent la place publique, là où tout avait commencé. Michel Crespin fonde Lieux publics en 1983, puis crée en 1986 le festival international de théâtre de rue d'Aurillac. Lieux publics s'installe à Marseille en 1990 ; la Cité des arts de la rue ouvre en 2013 dans une ancienne huilerie-savonnerie des Aygalades.

Les artistes du Cirk biZ'arT traversent un passage piéton en ville, avec valises et accessoires
Le Cirk biZ'arT en ville : la rue est redevenue une scène.

Côté cirque, la compagnie Archaos, née en 1986 avec ses tronçonneuses, ses motos et ses camions, s'installe à Marseille en 2001. En 1990, ses spectacles sous chapiteau avaient attiré 100 000 spectateurs en deux mois à Londres. Labellisée Pôle national cirque, elle porte en 2013 « Cirque en capitales », quand Marseille devient capitale européenne de la culture, puis lance en 2015 la Biennale internationale des arts du cirque, qui réunit dès sa première édition 84 000 spectateurs dans 24 villes. Début 2020, c'est au Silo, à Marseille, que le Cirque Plume, l'un des pionniers du nouveau cirque, vient faire ses adieux, quelques semaines avant que la pandémie n'interrompe la fin de sa tournée. Marseille, qui voyait ses cirques en bois s'envoler avec le mistral, est devenue l'une des capitales du cirque contemporain.

C'est dans ce paysage que nous avons grandi. Notre compagnie travaille au sein du collectif Le Morozoff, installé rue Ferrari depuis 2011. Et c'est à Aurillac, en 2014, lors d'un remplacement au pied levé, que le Cabaret biZ'arT a été repéré par les programmateurs. Notre histoire est à lire ici.

Un clown du Cirk biZ'arT au milieu d'enfants assis, en spectacle en plein air
Dans la rue, dans une cour d'école, sous un préau : le cercle se refait partout.

Le cirque, là où on ne l'attend pas

En février 1993, des écoliers de Barcelone demandent au clown catalan Tortell Poltrona d'aller jouer pour leurs correspondants, réfugiés dans un camp en Croatie. De ces lettres d'enfants naît Clowns sans frontières. Depuis, le cirque se joue aussi là où la vie est la plus dure, parce que rire ensemble y est tout sauf un luxe.

Nous l'avons vécu en jouant jusqu'aux camps de réfugiés de la frontière turco-syrienne, au fil de tournées dans une vingtaine de pays. Les saltimbanques de foire faisaient la même chose avec leur banc : arriver quelque part, faire un cercle, et rassembler les gens.

Les artistes du Cirk biZ'arT sur scène devant une foule compacte de spectateurs
Rassembler les gens : c'est ce que le cirque fait de mieux, partout où il passe.

Ce que l'histoire nous a laissé

Quand nous jouons aujourd'hui, nous portons sans y penser tout ce chemin :

Vous organisez un festival, une fête de village, un événement dans une école ou une salle de spectacle ? Le cirque, c'est encore mieux en vrai.

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Sources